/ 4 juin 2010

Un après-midi avec Rubens, Goya et Delacroix

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Article écrit par Marie-Julie

Un après-midi radieux. L’avant-dernier jour du voyage. Une envie folle d’errer dans la ville. Mais j’ai rendez-vous au Palais des Beaux Arts de Lille, qui abrite la seconde plus grande collection d’oeuvres françaises après le Louvre.

La vérité : je ne suis pas fana de peinture baroque. Sentir battre le coeur d’une ville sous le soleil, par contre (soupir)… Et puis, j’ai toujours préféré les « tableaux vivants » aux images figées. Malgré tout, je suis intriguée par ce musée vanté par tous les dépliants touristiques.

Sans Karine et Gina (et leur précieux GPS !), je me perds évidemment en route (la vérité ? J’adore me perdre !). « C’est moi qui ferai la visite », m’annonce Nathalie Samsin, guide-conférencière, quand je me pointe enfin à l’accueil.

Quelques minutes plus tard, j’aurai complètement oublié mon envie de « jouer dehors »…

Aussi grand que le musée d’Orsay à Paris, le Palais des Beaux Arts présente des collections provenant des églises et des couvents du XVIe et XVIIe siècle (l’histoire du musée, que l’on trouve sur le site du musée, mérite vraiment qu’on s’y attarde). Il compte des oeuvres de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance.

Parmi celles présentées par Mme Samsin au cours de ma visite éclair, mentionnons Le Festin d’Hérode de Donatello, qui fait partie des pièces maîtresses du Palais.

« C’est une oeuvre importante parce que pendant le Moyen Âge, on avait pas la perspective, m’explique la guide-conférencière. Il utilise les principes de perspectives exposés par Alberti. On peut voir la femme qui danse devant le soldat Hérode, la tête de Jean-Baptiste…» Donatello a ici mis en pratique la technique du relievo schiacciato (relief écrasé ou adouci), dont il est l’inventeur.

Nous traversons ensuite la salle des triptyques.

Peints sur des volets vers 1450, L’Ascension des élus et La chute des damnés de Dirk Bouts, artiste néerlandais, reprennent les thèmes du paradis et de l’enfer.

Nous voilà dans la salle de l’exposition temporaire consacrée à Finoglio, maître du baroque napolitain. « C’est très chevaleresque, observe Mme Samsin. Il a connu un succès fou avec ses métaphores, par l’incarnation des sentiments nobles, de la raison qui domine les passions… »

C’est toutefois Rubens qui parvient à me réconcilier avec l’idée de passer l’après-midi entre quatre murs. Enfin, pas Rubens personnellement, vous vous en doutez (!), mais ma guide, qui l’utilise comme exemple pour me rappeler un épisode important que ma mémoire avait complètement zappé. « Pourquoi a-t-il connu le succès ? Parce qu’il a fait ce que le Concile de 30 avait demandé de faire : de la pub. L’objectif était de créer des oeuvres qui puissent subjuguer de loin afin de raviver la foi catholique… »

Je vais ensuite saluer Goya. « C’était un peintre de cour, me rappelle Mme Samsin. Il va peindre pour Charles III, le roi d’Espagne et deux autres rois. »

Tableau marquant, s’il en est un : Le temps ou Les Vieilles, qui met en scène deux femmes âgées parées de leurs plus beaux atours se mirant dans un petit miroir sur lequel est gravé « Que tal ? » («Comment ça va ? » en espagnol). À l’arrière-plan, l’homme semble prêt à chasser d’un coup de balai ces deux coquettes devenues vieilles et laides. « C’est l’incarnation de la vanité des choses et de la situation politique de l’époque », résume ma guide.

Avant de retourner profiter des derniers rayons du soleil, je m’arrête devant des oeuvres de Boudin, de Monet, de Delacroix… Ce tableau me fait frissonner d’effroi.

Certains peuvent passer des heures à scruter des toiles. Moi, ce que j’aime, c’est écouter les experts me les raconter. Voir les scènes des tableaux s’animer en découvrant leur histoire. Les visiter comme on visite une nouvelle ville, en écoutant battre son coeur…

Ce jour-là, contre toute attente, j’ai fait un merveilleux voyage.

Pour plus d’information sur le Palais des Beaux Arts de Lille, par ici. Notez que l’exposition Finoglio est prolongée jusqu’au 29 août 2010.

Commentaires


  1. De retour de la France « Taxi-brousse
    4 juin 2010

    [...] juin 2010 · Laisser un commentaire Je n’y crois pas. Je viens de publier mon dernier texte de l’aventure Espadrilles et [...]

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