Le hasard aurait été sympa avec moi s’il avait voulu que j’écrive ce billet un jeudi. Parce que j’ai un #jeudiconfession à faire au sujet de Lille. Mais le hasard n’est pas sympa avec moi. Tant pis. Voici ma confession du mercredi: malgré tous mes efforts de sincère impartialité, je dois avouer que Lille, de par son statut de «dernière ville à l’horaire» était hantée par le démon de la comparaison dans mon esprit. Celui qui fait naître des attentes, vous comprenez?
Aussi lorsque j’ai vu le visage de notre guide – avec qui on venait de découvrir la ville et ses histoires – s’éclairer lorsqu’on lui a donné le nom du resto où nous allions luncher, j’ai poussé un inaudible (mais très senti) «Oh yeah!». Et la petite pointe d’envie qui est apparue dans ses yeux lorsqu’il nous a dit «Ah! Mais vous n’allez pas n’importe où, mesdames!» avait quelque chose de rassurant. C’était presque gagné. Nous n’allions pas être déçues.
C’est donc le coeur léger et l’appétit en expansion que j’ai gambadé(!) jusqu’à l’Huîtrière, située au 3 rue des Chats Bossus. Quoi? Rue des Chats bossus? Hahaha! Un resto spécialisé dans le poisson et les fruits de mer sur la rue des Chats Bossus, ça ne peut être qu’un succès
. C’était définitivement gagné.
Pour la petite histoire, l’Huîtrière existe depuis 1882 mais n’a pas toujours été un restaurant. Lorsqu’elle a ouvert ses portes – à deux ou trois mètres de son emplacement actuel – c’était plutôt une boutique d’huîtres et d’escargots. Quelques années plus tard, en 1908, l’établissement est passé aux mains de Pierre Bailleul, l’arrière-grand-papa de l’actuel propriétaire. M. Bailleul développa l’entreprise. Il bonifia l’offre de sa boutique en proposant d’autres types de poissons et de fruits de mer et il ouvrit un restaurant… qui connut rapidement un très grand succès. Selon ce qu’on peut lire sur son site Web, «depuis 1930, [l'Huîtrière] figure sans interruption dans le guide Michelin avec une étoile et parfois deux».
Voilà qui pourrait expliquer la réaction de notre guide
.

Vous pouvez voir l'ancienne façade de l'établissement (qui date de 1882) en haut à gauche. Dans la poissonnerie, où on a craqué pour la déco, se trouve aussi le Bar à Huîtres.
C’est dans le nouveau Bar à Huîtres de l’établissement (ouvert en 2008) que nous avons mangé. Comme en témoignent les photos ci-dessus, ce dernier se situe directement dans la boutique, juste à côté de l’alléchant comptoir à poissons (que nous aurions généreusement pu vider de son contenu…) Miam!
Au menu:

Huîtres (deux sortes différentes, l'une plus «goûteuse» que l'autre) ou crevettes + foie gras ou saumon fumé
Pour la première fois du voyage, j’ai vu Marie-Julie vraiment ambivalente devant le choix de plats. Habituellement, quand elle hésite, elle demande quelle est LA spécialité de la maison et commande ce plat. Logiquement, ici, ce sont les huîtres. Mais Marie-Julie nous confie ne pas avoir un très «bon» souvenir gustatif de ses précédentes expériences avec ce type de mollusque…
Elle continue donc à y penser pendant que nous passons notre commande… Moi, j’ai beau aimer les huîtres – qui m’évoquent plutôt de savoureux souvenirs d’enfance – j’ai une insoutenable envie de crevettes, ce midi-là. C’est ce que je choisis, avec le saumon fumé. Saumon fumé aussi pour Gina, mais avec des huîtres (les plus fortes en goût) en entrée.
Nous tournons toutes les trois nos yeux vers Marie-Julie (la serveuse, Gina et moi). D’un seul souffle, elle plonge «Les huîtres les moins goûteuses, s’il vous plaît» et le foie gras.
Pour accompagner le tout, on nous sert un petit Pouilly Fumé 2009.
Les entrées arrivent… mes crevettes: succulentes! Les huîtres de Gina: délicieuses! Celles de Marie-Julie? Nous savons qu’elles étaient tout aussi délicieuses que celles de Gina parce que nous y avons goûté… Mais nous savons aussi que Marie-Julie, malgré tout son acharnement et tous ses efforts à re-re-re-regoûter, a dû se rendre à l’évidence: elle n’aime malheureusement vraiment pas les huîtres. Irréversible.
«L’une d’entre vous n’a pas aimé les huîtres?» nous a d’ailleurs demandé le propriétaire des lieux, Antoine Proye, lorsqu’il est venu nous voir. Nous lui avons expliqué la situation et il a tout de suite compris. Il est d’ailleurs très sympathique et visiblement passionné par ce qu’il fait. Vous auriez dû voir ses yeux s’agrandir quand nous lui avons parlé des crevettes de Matane (nordiques…), du crabe des neiges et des homards canadiens… À mon avis, il se voyait déjà en train d’y goûter… et d’en importer pour ses futurs clients
Il a aussi pris le temps de nous raconter la belle histoire de son entreprise familiale, dont je vous ai glissé quelques bribes un peu plus haut. J’ai été super étonnée de découvrir qu’une très grande partie de sa clientèle était… anglaise (oui, oui, d’Angleterre)! Il faut dire que le trajet Londres-Lille en train n’est que d’1h20.
Nous étions tellement absrbées par son discours que nous en avons oublié de photographier nos plats principaux! Mais heureusement, M. Proye est arrivé après l’entrée et est reparti avant le dessert (qu’il nous a lui-même apporté)… On a donc quelques photos de bouffe pour vous
Quelle délicieuse expérience! Si délicieuse, que nous avons décidé de la renouveler (ou presque) pour notre dernier repas du voyage. Notez que j’ai un peu «le moton» chaque fois que j’écris «dernier repas»…
Pour ce dernier repas (snif!), sommes allées manger à l’Écume des Mers, un autre restaurant de fruits de mer qu’a longtemps dirigé Antoine Proye. En 1993, il l’a confié aux mains de celui que le Petit Futé surnomme son «fidèle lieutenant», Pascal Brunbrouck, qui se fait un devoir d’entretenir la réputation du restaurant.
Au cours de ce dernier repas (snif snif!), Marie-Julie a (enfin!) pu manger le homard dont elle rêvait depuis son premier plateau de fruits de mer du voyage. Moi, j’ai goûté les meilleurs bulots de toute ma vie (ou peut-être ex aequo avec ceux que j’ai dégustés dans le Cotentin au cours d’un précédent voyage). Quant à Gina, elle a mangé son seul et unique tartare de saumon de tout le voyage.
Une soirée qui restera gravée dans ma mémoire. On a ri, on s’est remémoré des bouts de voyage rigolos, on s’est dit qu’on recommencerait demain matin, on a pensé à vous tous qui nous avez accompagnées tout au long du voyage… Je pense que nous avions toutes les trois le coeur un peu tristounet devant la fin imminente de notre périple. Mais nous avons vite repoussé ce sentiment à plus tard pour profiter au maximum de notre dernier repas à trois (snif snif snif)…
Je dois maintenant vous demander de m’excuser. Le temps est venu de troquer les espadrilles pour les tongs.
Champagne!
Pratico-pratique

























9 juin 2010
Elles sont confo les tongs, tu verras!
Cela dit, je retournerais bien manger à l’Écume des mers… On repart?
10 juin 2010
[...] This post was mentioned on Twitter by marc , E&C 2010. E&C 2010 said: (Derniers) festins de fruits de mer à #Lille: deux restos (mais 3 formules) à découvrir: http://bit.ly/96ADpU #france #tourisme #resto [...]